Quand on construit ou transforme un bâtiment agricole, le choix des équipements a une grande importance.
Une pailleuse automatique, un robot d’alimentation, un racleur, une porte automatique ou un bon système de contention peuvent représenter un investissement important. Mais bien choisis, ces équipements peuvent surtout faire gagner du temps, réduire les efforts physiques et rendre le travail quotidien plus simple et plus sûr.
Commencer par regarder les tâches que l’on fait tous les jours
Avant de choisir un équipement, il faut partir du travail réel sur l’exploitation.
Quelles sont les tâches qui prennent du temps ?
Lesquelles sont pénibles ?
Lesquelles demandent de sortir un tracteur ou un télescopique ?
Lesquelles obligent à entrer régulièrement parmi les animaux ?
C’est souvent en répondant à ces questions que l’on voit où un équipement peut réellement apporter quelque chose.
Prenons l’exemple du paillage.
Avec une pailleuse classique, il faut prendre le véhicule, charger la paille, entrer dans le bâtiment, ouvrir et fermer certaines barrières, circuler autour des animaux et effectuer le travail ou peut-être même le faire à la main.
Avec une pailleuse automatique bien intégrée dans le bâtiment, une grande partie de ces manipulations disparaît. Le gain ne se limite donc pas uniquement au temps passé à distribuer la paille.
On évite aussi de sortir un véhicule, de manœuvrer dans le bâtiment et d’intervenir directement parmi les animaux.
Quelques minutes par jour peuvent devenir beaucoup d’heures
Sur une exploitation, certaines tâches paraissent relativement courtes. Mais lorsqu’elles sont répétées 365 jours par année, le résultat est différent.
Gagner 20 minutes par jour représente déjà plus de 120 heures sur une année.
Ce temps peut être utilisé ailleurs : surveillance des animaux, travaux dans les champs, entretien, gestion administrative ou simplement pour alléger les journées. Dans d’autres cas, ce temps peut être utilisé pour des urgences comme un vêlage.
C’est pour cette raison qu’il faut regarder un équipement sur plusieurs années et pas uniquement son prix d’achat.
Économiser son corps fait aussi partie du calcul
Le travail agricole est physique.
Monter et descendre d’un tracteur, porter du matériel, pousser des barrières, manipuler de la paille ou travailler dans de mauvaises positions ne pose pas forcément de problème lorsque l’on effectue ces tâches occasionnellement. Mais répétées tous les jours pendant 20 ou 30 ans, elles peuvent devenir difficiles. Un équipement automatique peut permettre de réduire ces efforts.
Cela peut être une pailleuse, mais aussi :
- un racleur automatique ;
- un robot de traite ;
- un robot d’alimentation ;
- des portes ou barrières faciles à manipuler ;
- un système de contention bien conçu ;
- un système de tri automatique des animaux ;
- un équipement permettant de manipuler les animaux.
Un équipement qui économise du travail aujourd’hui peut surtout devenir très intéressant dans quelques années.
Moins de machines parmi les animaux
La circulation des véhicules dans les bâtiments agricoles est également un point important. Entrer régulièrement avec un tracteur ou un télescopique parmi les animaux demande de la prudence. Il faut parfois déplacer les bêtes, ouvrir des barrières ou attendre qu’un passage se libère. Cela prend du temps et crée également un risque supplémentaire.
Lorsque certaines tâches sont automatisées, il devient possible de limiter ces interventions. Dans un projet bien pensé, on peut aussi organiser séparément les déplacements des animaux, des personnes et des machines.
Le travail devient plus fluide et le troupeau est moins dérangé.
Le bâtiment doit être prévu pour l’équipement
Une erreur fréquente consiste à choisir l’équipement après avoir défini complètement le bâtiment. Or certains équipements influencent directement sa conception.
Prenons encore une pailleuse automatique.
Il faut réfléchir à la manière de charger la paille, à son emplacement, à la hauteur disponible, à la portée du système, aux zones à pailler et à l’accès pour les réparations.
Même chose pour un robot d’alimentation.
Il faut prévoir son parcours, la largeur des passages, les croisements, les zones de chargement et les accès.
Pour un robot de traite, toute l’organisation du troupeau peut être influencée par son emplacement.
Un équipement performant installé dans un bâtiment mal adapté peut rapidement devenir une contrainte.
Ne pas automatiser simplement parce que c’est moderne
Il ne faut pas non plus vouloir tout automatiser.
Chaque équipement doit avoir une utilité réelle.
Un système automatique coûte généralement plus cher à l’achat et demande aussi de l’entretien.
Il faut donc se poser des questions simples :
Combien de temps va-t-il réellement me faire gagner ?
Quelle tâche va-t-il supprimer ?
Est-ce une tâche pénible ?
Combien coûte l’entretien ?
Que se passe-t-il en cas de panne ?
Est-ce que le service après-vente est disponible rapidement ?
Et surtout : est-ce que cet équipement correspond vraiment à la taille et au fonctionnement de mon exploitation ?
Dans certains cas, une solution simple sera largement suffisante.
Dans d’autres, investir davantage dans l’automatisation peut améliorer fortement le quotidien.
Prévoir aujourd’hui ce que l’on installera peut-être demain
Il n’est pas toujours nécessaire d’installer tous les équipements dès la construction. Le budget ne le permet pas forcément.
Par contre, il peut être intéressant de préparer le bâtiment pour pouvoir les ajouter plus tard.
Prévoir une largeur de passage suffisante, une alimentation électrique, un emplacement technique ou une ouverture supplémentaire coûte souvent beaucoup moins cher pendant la construction que lors d’une modification quelques années plus tard.
Il faut donc également réfléchir à l’évolution future de l’exploitation.
Le bon équipement est celui qui facilite réellement le travail
Le but n’est pas d’avoir la ferme la plus automatisée. Le but est d’avoir une ferme qui fonctionne bien.
Chaque équipement devrait permettre de gagner du temps, d’améliorer les conditions de travail, de réduire les risques ou de faciliter la gestion des animaux.
C’est cette réflexion qu’il faut intégrer dès le début d’un projet.
Chez AgriBat, la conception d’un bâtiment ne consiste pas uniquement à placer des murs, des logettes ou des couloirs. Il s’agit aussi de réfléchir à la manière dont le bâtiment sera utilisé chaque jour et aux équipements qui peuvent réellement simplifier le travail.
Et sur votre exploitation, quelle est la tâche que vous aimeriez ne plus devoir faire chaque jour ?